Études et résultats

N° 1235

Paru le 07/07/2022 Màj le 18/07/2022
La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) publie une étude consacrée aux conditions de travail du personnel hospitalier durant la crise sanitaire. Cette étude est réalisée à partir des données issues du troisième volet de l’enquête Épidémiologie et conditions de vie (EpiCov) élaborée par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et la DREES.

 

Plus d’une personne salariée du secteur hospitalier sur deux a travaillé dans des services principalement consacrés à la prise en charge des patients atteints de Covid-19 entre le début de la crise sanitaire (mars 2020) et la période de collecte, à l’été 2021 (ces services sont désignés ci-après comme « services Covid ») : de façon continue pendant toute la période pour une personne sur six, à certaines périodes pour une personne sur trois. Les changements de service pour faire face à la crise sanitaire ont été nombreux, touchant 22 % des personnels (33 % parmi les infirmières).

68 % des personnes mobilisées dans des services Covid ont connu des périodes inhabituelles de surcharge de travail

Entre le début de la crise sanitaire et l’été 2021, 68 % des personnes mobilisées dans des services Covid ont connu des périodes inhabituelles de surcharge de travail, contre 28 % pour l’ensemble des personnes en emploi en France. Cette part s’élève à 70 % à l’hôpital public et à 58 % dans les cliniques privées. Par ailleurs, les restrictions de visites ont nécessité un accompagnement accru des patients.
La prise en charge du Covid-19 a également eu des effets dans les autres services, la surcharge touchant 39 % des personnels n’ayant jamais travaillé dans des services Covid, peut-être du fait des réaffectations d’effectifs en direction des services Covid. L’ensemble des familles professionnelles sont touchées par ces périodes de surcharges, et particulièrement les infirmières (64 %) ainsi que les aides-soignantes (58 %).

Malgré les marges de manœuvre organisationnelles permises par les plans blancs, 19 % des personnels hospitaliers déclarent avoir été incités à se rendre sur leur lieu de travail alors qu’ils étaient cas contact ou avaient des symptômes du Covid-19 (23 % du personnel ayant travaillé dans des services Covid), contre 4 % pour l’ensemble des personnes en emploi (graphique 1). 7 % des personnes salariées du secteur hospitalier déclarent avoir été incitées à ne pas prendre ou à ne pas prolonger un arrêt maladie pour travailler (graphique 1), une part qui s’élève à 9 % pour celles qui ont travaillé dans des services Covid (contre 4 % pour l’ensemble des personnes en emploi tous secteurs confondus).

Graphique 1 - Incitations de la part de l’employeur pour venir travailler

Huit personnes sur dix ne ressentent pas plus de reconnaissance envers leur travail qu’avant la crise

Malgré leur travail essentiel à la gestion de la crise, les trois quarts des personnels du secteur ne ressentent pas plus de reconnaissance envers leur travail qu’avant la crise. Moins d’une personne salariée de ce secteur sur cinq a trouvé que son travail était plus reconnu qu’avant la crise (18 %), un niveau toutefois légèrement plus élevé que pour l’ensemble des personnes en emploi (11 %). Enfin, 6 % des personnels du secteur ont trouvé que leur travail était moins reconnu qu’avant.

Pour en savoir plus
Beatriz, M., Bèque, M., Coutrot, T., et al., (2021, mai). Quelles conséquences de la crise sanitaire sur les conditions de travail et les risques psycho-sociaux ? Dares, Dares Analyses, 28.

Pisarik, J. (2021, mars). L’exposition à de nombreuses contraintes liées aux conditions de travail demeure, en 2019, nettement plus marquée dans le milieu hospitalier qu’ailleurs. DREES, Études et Résultats, 1215.

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