Les dépenses de santé en 2020

Communiqué de presse

Paru le 15/09/2021 Màj le 15/09/2021

Résumé

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) publie Les dépenses de santé en 2020. Ce Panorama retrace les comptes de la santé et analyse de façon détaillée la consommation de soins de santé en France et les financements correspondants, qu’ils relèvent de l’Assurance maladie, de l’État, des collectivités locales, des organismes complémentaires ou directement des ménages. Les principaux résultats pour l’année 2019 [1] sont replacés dans une perspective internationale.

 

Les effets de la crise sanitaire limitent à 0,4 % la hausse des dépenses de santé en 2020. En France, la consommation de soins de santé, particulièrement affectée par les effets de la crise sanitaire, augmente de 0,4 % (après +2,0 % en 2019 et +1,5 % en 2018). Il s’agit de la plus faible progression observée depuis 1950, première année disponible des comptes de la santé. La consommation de soins et de biens médicaux (CSBM) s’élève à 209,2 milliards d’euros en 2020, soit 9,1 % du PIB. Cette dépense représente ainsi en moyenne 3 109 euros par habitant.

La croissance de la CSBM en 2020 est principalement portée par trois secteurs : les soins hospitaliers publics (qui contribuent à hauteur de +2,0 points à la croissance de la CSBM), les dépenses des laboratoires d’analyses (+0,8 point de contribution à la croissance) et les soins infirmiers (+0,4 point). Les dépenses de soins hospitaliers publics ont été tirées par la croissance de la rémunération des personnels (majoration des heures supplémentaires, versement de primes exceptionnelles, revalorisations dans le cadre des accords du Ségur de la santé), malgré une baisse prononcée du volume de soins, liées aux déprogrammations de soins lors de la 1ère  vague épidémique. Les dépenses des laboratoires d’analyses ont bondi en 2020 (+37%), portées par les tests de dépistage de la Covid-19. Enfin, les soins infirmiers ont progressé de 7,2 % en 2020, après +3,4 % en 2019, stimulés par la demande de prélèvements nasopharyngés pour les dépistages antigéniques et PCR. La consommation baisse dans les autres secteurs du fait de la chute d’activité entrainée par les mesures sanitaires de restriction des déplacements. En particulier, les soins de ville hors laboratoires et soins infirmiers contribuent négativement à hauteur de -1,6 point à la croissance de la CSBM et les médicaments en ambulatoire à hauteur de -0,5 point.

La prise en charge des dépenses de santé par la Sécurité sociale augmente de 1,9 point entre 2019 et 2020 pour atteindre 79,8 %. La crise sanitaire a entrainé une recomposition importante de la structure de la consommation de soins et de biens médicaux et partant de son financement. Les dépenses supplémentaires engendrées par la crise sanitaire ont été majoritairement financées par la Sécurité sociale, notamment pour les soins hospitaliers publics. La prise en charge par la Sécurité sociale augmente ainsi de 1,9 point entre 2019 et 2020, pour atteindre 79,8 %. À l’inverse, la part des dépenses financées par les organismes complémentaires (mutuelles, institutions de prévoyance et sociétés d’assurances) baisse à 12,3 % pour l’ensemble des dépenses de santé. Cette part était auparavant et depuis une dizaine d’années assez stable, autour de 13,4 %. Dans le contexte de crise sanitaire, les prestations servies par ces organismes ont baissé, notamment dans les postes de médecins et d’auxiliaires médicaux. La participation financière des ménages diminue fortement en 2020, pour atteindre 6,5 % de la CSBM (en baisse de 0,7 point), soit en moyenne près de 202 euros par habitant. Le mouvement tendanciel de baisse du reste à charge des ménages lié au vieillissement de la population s’est accentué cette année par la déformation de la structure des soins occasionnée par la crise sanitaire et les premiers effets de la réforme du « 100 % santé », mise en œuvre par étapes dans les secteurs de l’optique, des prothèses dentaires et des aides auditives.

Parmi les 28 pays de l’Union européenne, la France est celui où le reste à charge des ménages en santé est le plus faible. En France, la dépense de santé au sens international (DCSi) – qui recouvre la CSBM mais également les dépenses de soins de longue durée, de prévention et celles liées à la gouvernance du système de santé – s’établit à 11,2 % du PIB en 2019 [1], soit 1,2 point de plus que la moyenne de l’UE 28. Depuis 2013, les dépenses de santé sont dynamiques au sein des pays de l’OCDE. Sur cette période, la France et l’Italie connaissent une hausse de leurs dépenses d’environ 2 % en moyenne par an. Celles-ci ont progressé d’environ 4 % par an en Allemagne et aux États-Unis.

[1] Dernière année disponible pour les données harmonisées au niveau international

À propos de l’ouvrage
Les dépenses de santé en 2020 - Résultats des comptes de la santé - Édition 2021

Chaque année, les résultats des comptes de la santé sont présentés, en septembre, lors de la Commission des comptes de la santé, en présence du ministre des Solidarités et de la Santé, de représentants des professionnels de la santé, de personnalités et acteurs du secteur de la santé et d’un collège de personnalités qualifiées, composé de chercheurs et d’experts du domaine. Les travaux de cette commission s’inscrivent dans le cycle préparatoire du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, discuté au Parlement à l’automne. Élaborés par la DREES, les comptes de la santé constituent l’un des satellites des comptes nationaux de l’Insee, dont ils adoptent la méthodologie. Ils servent également de base à l’élaboration des comptes de la santé présentés dans les instances internationales (System of Health Accounts [SHA] de l’OCDE, d’Eurostat et de l’OMS) et permettent ainsi d’établir des comparaisons internationales sur des bases fiables et harmonisées.

Chaque année, des révisions méthodologiques sont apportées aux comptes de la santé afin d’en accroitre la précision et l’exhaustivité. Dans cette édition, les deux principales révisions sont liées à des modifications de champ, avec un alignement aux concepts mis en place au niveau international dans le cadre du SHA : les dépenses de soins infirmiers à domicile (SSIAD) et les remises conventionnelles sur les produits de santé, jusque-là comptabilisées dans la dépense courante de santé au sens international (DCSi), mais exclues de la consommation de soins et de biens médicaux (CSBM), ont été intégrées dans la CBSM (pour plus d’information, consulter le site internet : https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/article/regles-de-mise-disposition-de-linformation).

Consulter
•    La publication (septembre, 2021). Les dépenses de santé en 2020 - Résultats des comptes de la santé - édition 2021. Paris, France : DREES, coll. Panoramas de la DREES-santé.
•    Autres études sur les dépenses de santé :
-    Naouri, D. (septembre, 2021). En 2020, le nombre de séjours hospitaliers hors Covid-19 a diminué de 13 % par rapport à 2019. DREES, Études et Résultats, 1204.
-    Loiseau R., (juillet, 2021). Complémentaire santé : en 2016, les séniors restent moins bien couverts malgré une hausse des garanties depuis 2011. DREES, Etudes et Résultats, 1198.
-    Adjerad R. ; Courtejoie N. (mai, 2021) Hospitalisation : des restes à charge après assurance maladie obligatoire plus élevés en soins de suite et de réadaptation et en psychiatrie. DREES, Études et Résultats, 1192.
-    Desprat D. (février, 2021) Causes des problèmes de santé, accès aux soins et assurance maladie : l’opinion des Français selon leur état de santé. DREES, Études et Résultats, 1181.
-    Adjerad R. ; Courtejoie N. (janvier, 2021) Des restes à charge après assurance maladie obligatoire comparables entre patients âgés avec et sans affection de longue durée, malgré des dépenses de santé 3 fois supérieures. DREES, Etudes et Résultats, 1180.
-    EpiPhare (juillet, 2021). Facteurs de risques d’hospitalisation et de décès à l’hôpital pour Covid-19.